Analyse de l’Osec: «Le savoir-faire suisse est très prisé en Russie»

Interview de Leo Ribeli, responsable du Swiss Business Hub Russia, à propos des opportunités commerciales qui s’offrent aux entreprises suisses dans la perspective des grands événements sportifs internationaux. Il dévoile aussi certaines exigences du marché russe qu’il convient de considérer avec attention si l’on ne veut pas se faire déloger par la concurrence.

Comment les PME doivent-elles procéder pour décrocher un contrat dans le cadre de la coupe du monde de la FIFA 2018?
Leo Ribeli: pour commencer il faut prêter une attention particulière aux appels d’offres publics. Pour faire affaire en Russie, il convient également de s’attacher les services d’un partenaire dynamique, sans quoi la partie pourrait capoter. Ce type de partenaire a généralement une meilleure compréhension de l’environnement commercial, en particulier lorsque la sécurité juridique fait défaut. Avec l’appui d’un partenaire fort, on a de meilleures chances de succès, même si celui-ci n’est pas garanti.

La construction durable gagne en importance. La Suisse est-elle considérée à cet égard comme une source de know-how importante?
La population russe n’est pas particulièrement sensibilisée à l’écologie d’autant que le pays ne manque pas de produits énergétiques. En ce qui concerne les grands événements sportifs à venir, il existe des directives strictes en termes de construction durable et de gestion des ressources auxquelles les candidats doivent se tenir. La société Implenia, par exemple, retenue pour la construction de l’arène de hockey sur glace à Sochi, a dû présenter des solutions pour recueillir, traiter et réutiliser l’eau de pluie. Autre impératif: la récupération de chaleur. Pour ce qui est de la construction écologique, il y a plusieurs approches prometteuses. Mais il faudra encore quelques années pour que le thème de l’économie d’énergie se concrétise en Russie. A propos du know-how made in Switzerland: il est certes très prisé en Russie, mais la Suisse n’est pas le seul fournisseur en lice. Il y en a bien d’autres engagés sur ce terrain. 

Beaucoup d’investisseurs déplorent la bureaucratie envahissante. Selon vous, la situation s’est-elle améliorée ces derniers mois?
Le gouvernement s’efforce de démanteler ces obstacles administratifs, notamment dans le domaine des licences. Mais tout dépend naturellement du service auquel on a affaire. La décision d’en finir avec ces obstacles est une chose, son application réelle en est une autre. Mais ce qui est certain c’est que la Russie n’a pas l’exclusivité du phénomène même s’il y est plutôt marqué.

Existe-t-il en Russie des instances privées ou publiques qui peuvent offrir un appui efficace aux exportateurs suisses?
Le Swiss Business Hub Russia est un interlocuteur important, logé dans les locaux de l’ambassade de Suisse et géré par l’Osec. La représentation moscovite de l’Association of European Businesses est un autre point de contact important pour les entreprises. L’Osec dispose également d’un «Pool of Experts» (PoE) qui est un groupement de talents d’une grande utilité. Selon le produit ou le service que l’on souhaite commercialiser en Russie, les dispositions à respecter en termes de conformité, de sécurité ou autre sont parfois nombreuses.

Quelles sont les opportunités qui s’offrent aux entreprises en lien avec les préparatifs des grands événements sportifs qui se dérouleront en Russie, et dans l’après-événement ?
S’il y a une demande pour ces événements, il y a aussi très probablement des marchés post-événement à conclure. Il faudra dans certains cas chercher à savoir qui à la fin de l’événement est a la responsabilité de quels travaux. Sochi, par exemple, n’est pas pour l’heure un centre d’affaires  important mais un lieu de villégiature pour Russes et autres nationalités de la Fédération de Russie. On ne sait pas encore avec précision comment les différents sites pourraient évoluer une fois les jeux achevés.

 

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