«La Suisse jouit du plus grand respect»

La Suisse et la France sont de vieux partenaires commerciaux. La crise financière de 2009 a été maîtrisée, et la France table sur un taux de croissance de 2,2% pour cette année. Ces prévisions ouvrent des perspectives réjouissantes pour les entreprises suisses à condition qu’elles réussissent à se positionner sur les bonnes cases et qu’elles se familiarisent avec les usages français. Patrice Jacquier, directeur du Swiss Business Hub France à Paris donne aux lecteurs d’«export!» quelques astuces pour mettre toutes les chances de leur côté afin de conquérir le marché français.

Dans quelle mesure la crise de l’euro affecte-t-elle l’économie française?
Selon le Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, l’économie française se relève peu à peu de la crise de 2009. Les prévisions de croissance pour 2011 seront sûrement dépassées. L’économie française est en phase de consolidation par la mise en place notamment des mesures et réformes dans le système fiscal en réponse aux réformes réglementaires internationales, et ce, pour favoriser l’emploi.

Les industriels français sont confiants. L’activité passée est jugée dynamique par les chefs d’entreprise et les perspectives personnelles de production sont en passe de retrouver leur niveau d’avant la crise. Cependant, l’activité des entreprises reste nettement en dessous de son niveau du 1er trimestre 2008 et les capacités de production sont encore sous-employées, freinant l’investissement à court terme. Cette tendance à l’amélioration n’empêche pas l’industrie de détruire des emplois. La France prévoit une croissance de 2.25 % en 2012.

La France investit notamment dans les infrastructures de transport et l’énergie. Quelles sont, selon vous, les chances des PME suisses de participer à ces grands projets?
Il n’existe pas de théorie selon laquelle une entreprise suisse aurait plus de chances qu’une autre de contribuer à la réalisation d’un projet d’envergure. Il serait plus approprié de considérer plutôt la propension de l’entreprise à répondre techniquement à un appel d’offre, le plus souvent du marché public, et à évaluer ses chances d’être retenue par rapport à la valeur ajoutée qu’elle pourra apporter sur le projet. Les variantes apparaissant dans les bordereaux de prix des cahiers des charges sont un terrain très favorable qui permet à l’entreprise de se démarquer de la concurrence en proposant des solutions alternatives technico-économiquement viables. Les entreprises suisses ont prouvé depuis de nombreuses années leurs compétences en matière de génie civil – infrastructure mais aussi de production et gestion énergétique dans le marché des énergies renouvelables. Le marché de la biomasse en France se développe particulièrement. De ce fait, les sociétés suisses ont leur part de chance dans ces projets. Le challenge le plus important est de trouver les bons partenaires et de saisir les rouages du système administratif français. Mais nous sommes là pour les aider!

Quels sont les autres secteurs d’intérêt pour les PME suisses?
La question que nous devrions poser en substance est: que recherchent les entreprises françaises aujourd’hui? Elles recherchent une autre façon d’évoluer dans un marché de plus en plus compétitif: une entreprise innovante, une spécificité technique, un service original ne faisant appel à aucun concept pré établi, sont autant d’atouts supplémentaires dans les mains de l’entreprise qui recherche des moyens efficaces lui permettant d’aller de l’avant. Les entreprises suisses sont en mesure de proposer une telle offre illustrée par une notion assez unique en son genre: proposer à son partenaire français une approche complémentaire et non concurrentielle.

Le marché français présente plusieurs secteurs en croissance plus ou moins marquée. Dans le tertiaire, les TIC, les assurances, le transport aérien, l’automobile, représentent les branches les plus actives en matière de croissance. Il en va de même dans l’industrie où la construction aéronautique et spatiale, le ferroviaire et le naval, les équipements électriques et mécaniques, l’industrie pharmaceutique, se placent également parmi les activités représentant plus de 3% de croissance. Dans une moindre mesure mais présentant tout de même une croissance égale à la moyenne nationale, nous retrouvons les composants électroniques, la cosmétique, les produits agroalimentaires et la construction.

Pour la France, quelle est l’importance du commerce avec la Suisse?
L’ensemble du marché français offre aux entreprises suisses des possibilités de développement «sur mesure». En effet, comme tout marché mature, c’est vers l’innovation et la spécificité que le marché s’oriente et non vers l’expansion à outrance. C’est dans cet esprit que les entreprises suisses évoluent en marquant une motivation croissante à se développer sur le territoire français. Leur but est de répondre à la demande des marchés exigeants, à haute compétence technique et à forte valeur ajoutée: les marchés de niche.

Comment les Français perçoivent-ils les entreprises suisses et leurs produits?
Les entreprises françaises ont une excellente perception de la Suisse, de ses entreprises et de leurs produits. En dehors des images traditionnelles, du chocolat aux banques en passant par le fromage,  la Suisse garde une réputation fortement ancrée dans le secteur industriel. La qualité, le savoir-faire et le sérieux sont les trois qualificatifs les plus usités en France à l’égard des entreprises suisses. Dans quelques cas sectoriels, le produit suisse est estimé comme se positionnant à un prix de vente élevé. Enfin, la loyauté et l’humilité sont des points souvent rappelés lors de discussions d’affaires, nous ne pouvons que nous en réjouir!

Patrice Jacquier est directeur du Swiss Business Hub France à Paris.

 

Autres articles intéressants

Rapport économique France: les exportations suisses stagnent

Certes, l’économie française a surmonté la crise mais sans véritablement donné le coup d’envoi à une croissance durable. Plus »

Grande-Bretagne: des marchés publics plus accessibles aux PME

Les petites et moyennes entreprises devraient à l’avenir être plus présentes sur le marché des approvisionnements publics en Grande-Bretagne. Le gouvernement entend porter leur part à 25%. Plus »

Accès direct au savoir des experts

S'abonner à export! C’est gratuit!

J’ai lu et approuvé la déclaration de confidentialité sur www.osec.ch/protection-des-donnees.

Devenir membre de l'Osec maintenant!

Adhérez à l’Osec et profitez de nos nombreux avantages.

 

Adhésion à l’Osec: réussir ensemble – dans le monde entier.

 

Devenir membre dès maintenant!